Le CRITT Sport Loisirs, une aventure humaine

 

La création du C.R.I.T.T.  Sport Loisirs (Centre Régional d’Innovation et de Transfert de Technologies en Sport et Loisirs) est devenue la suite logique d’une initiative déjà ancienne de la part de deux personnes très impliquées dans le monde du sport. L’une, Agathon LEPEVE, ancien international d ‘athlétisme et directeur du service universitaire des activités physiques et sportives de l’université, avait été adjoint au maire de Poitiers, chargé des sports. Devenu également Président de la commission « Equipements » au Comité National Olympique et Sportif Français, il restait ainsi souvent confronté à des problèmes de choix  et de gestion d ‘équipements sportifs. La seconde personne, Alain JUNQUA, professeur des universités et président de l’UER E.P.S., venait de créer, en 1982, l’équipe de recherche « matériaux et matériels à usage sportif » au sein d’un laboratoire associé au C.N.R.S..
 
Dès 1983, Agathon LEPEVE et Alain JUNQUA proposaient à la Direction des Sports du  ministère des Sports, la création, en Poitou-Charentes, d’un « centre d’assistance technologique et de recherche pour les industries du sport ». Dans le même temps, Alain JUNQUA était désigné pour participer à une mission ministérielle d’étude sur les interactions entre recherche, sport et industries. La lettre de mission précisait les axes de travail de la manière suivante : «  L’industrie du sport est un secteur auquel il convient d’attacher une attention toute particulière en raison de la place qu’il occupe au sein de l’économie française, de la représentation internationale que le sport lui assure, du développement potentiel du savoir-faire français s’il prend appui sur la recherche scientifique, le transfert de technologie et l’information mutuelle des partenaires sportifs, industriels, scientifiques et administratifs ».
 
Suite à cette mission et à la volonté de M. Raoul CARTRAUD, président du premier Conseil Régional de Poitou-Charentes,  le Président de la République François MITTERRAND, lors de son voyage officiel en Région des 3 et 4 novembre 1983, faisait l’ annonce officielle suivante : « Au pôle technologique de Poitiers sera intégré un conseiller technologique dans le domaine des industries du sport, mis en place par l’AFDES (Association Française pour le Développement des Equipements de Sport et de loisirs). Par ailleurs, la recherche sera développée à l’université de Poitiers sur les matériels et les matériaux sportifs, dans le cadre d’un programme national défini conjointement par le ministère de l’Industrie et de la Recherche et par le ministère du Temps Libre. Ces actions seront financées par tiers par le ministère de l’Industrie et de la Recherche, par la Région et par les organismes intéressés (AFDES et industriels) »
 
Le conseiller technologique a débuté son travail en s’appuyant quasi exclusivement sur les résultats de l’équipe de recherche. Les premières thèses (P. LACOUTURE, P. DEBONNE, F. TRILLES) lui permirent de participer à des définitions de normes françaises puis européennes sur les sols sportifs de compétition en salles. Des relations étroites concernant la recherche et le développement de produits s’établirent alors  avec le leader mondial des sols intérieurs, en l’occurrence, la société TARAFLEX de Tarare dans le Rhône. Plusieurs ingénieurs stagiaires sont venus travailler à Poitiers où le laboratoire d’adossement développait des moyens  innovants permettant l’étude, en particulier, des différents dispositifs européens de normalisation. Les premiers effets de la mondialisation contrariaient déjà grandement les efforts du conseiller technologique dans le développement d’autres activités plus personnelles : en effet, les industries françaises du sport, (la plupart P.M.E. familiales, surtout dans les secteurs de la chaussure ou de petits matériels individuels spécialisés), qui le consultaient pour améliorer leurs produits, disparaissaient peu à peu. Ces P.M.E. ne pouvaient plus lutter avec les grands groupes industriels et commerciaux en plein développement et dont la stratégie consistait désormais à confier la confection de ces mêmes produits à des sous-traitants situés en Extrême Orient.
 
Le conseiller technologique devint en 1988 directeur du CRITT Sport Loisirs, nouvellement créé sous la forme d’une association loi 1901. Il reçut pour mission principale, de la part des autorités de tutelle, de tenter de développer de nouvelles activités industrielles en participant à la création de produits innovants. Le CRITT, structure trop légère pour cela puisque constituée seulement de trois personnes, ne put atteindre  ses objectifs, faute d’une réelle politique de développement. Une forte remise en cause s’est alors opérée en 1996 et le départ du directeur en fut la suite logique.
 
A partir de 1996, sous l’impulsion du président de l’association M. André LECLERCQ, membre du conseil exécutif du Comité National Olympique et Sportif Français (C.N.O.S.F.), et toujours en relations étroites avec son laboratoire d’adossement (en particulier avec Patrick LACOUTURE, professeur des universités souvent appelé en consultation), Franck LEPLANQUAIS, son nouveau directeur, réorganisa le CRITT Sport Loisirs autour des trois axes suivants :

 
· l’analyse, la compréhension, la validation, l’interprétation des fonctions de nouveaux produits
 
· le développement, l’utilisation en interne, voire en externe, de méthodes de contrôle, de matériels mis au point spécifiquement, de logiciels de mesure et de bases de données expérimentales
 
· le développement d’une méthode de gestion sur site de produits et de structures de pratique sportive (état statistique, gestion au quotidien, responsabilisation des propriétaires) en direction des collectivités locales (municipalités, clubs, fédérations).

 
Fort d’un personnel renforcé (20 personnes), le CRITT Sport Loisirs a connu une expansion dans le domaine des tests de certification et des études qui nécessite aujourd'hui une extension de ses locaux.